étendre


étendre

étendre [ etɑ̃dr ] v. tr. <conjug. : 41>
estendre déb. XIIe; lat. extendere
I
1Déployer (un membre, une partie du corps) dans sa longueur (en l'écartant du corps, etc.). déplier, détendre, développer, extension. Étendre les bras, les jambes. allonger, étirer. « elle marchait en étendant vers elle sa main droite d'une manière qui faisait songer à une aveugle » (Green ). 1. tendre. L'oiseau étendait les ailes. déployer, éployer. « le tronc se fait petit et étend ses branches indéfiniment dans le sens horizontal » (Michelet).
2Placer à plat ou dans sa plus grande dimension (ce qui était plié). Étendre du linge, le placer sur des cordes ( pendre) , sur un étendoir, pour qu'il y sèche. — Étendre un rouleau de parchemin sur la table. dérouler, 1. étaler. Étendre un tapis sur le parquet. mettre. Par métaph. « Le soleil sur l'herbe étendait devant eux une nappe éblouissante » (Martin du Gard).
3Coucher (qqn) tout de son long. Étendre un blessé sur un lit. Étendre un homme sur le carreau. abattre, fam. 1. étaler. Fam. Boxeur qui étend son adversaire pour le compte.
Fig. (arg. scol.) coller, refuser. Examinateur qui étend un candidat. Se faire étendre au bac.
4Rendre (qqch.) plus long, plus large; faire couvrir une surface plus grande à. Étendre une chose dans sa longueur, dans sa largeur. Étendre de la pâte à tarte au rouleau. abaisser. Étendre un métal à la filière. allonger, étirer. Étendre du beurre sur du pain ( tartiner) ; un enduit sur une surface. appliquer, 1. étaler.
Par ext. Étendre une solution, en y ajoutant du dissolvant. Étendre du vin, en l'additionnant d'eau. ⇒ couper, délayer, diluer. Étendre une couleur pour la rendre plus pâle.
5Rendre plus grand. accroître, agrandir, augmenter, développer, élargir, grossir. Étendre son empire, sa puissance, son action, son influence, ses affaires. Étendre le champ de ses expériences, la sphère de son activité. Étendre sa réputation. « Ces années [précédant l'âge mûr] lui permettent d'étendre, d'approfondir, de corriger sa connaissance de la vie et des hommes » (Romains). Étendre ses relations, le cercle de ses relations. Étendre la portée d'une loi. Étendre les bienfaits de la science, d'une découverte à tous les pays. propager, répandre.
IIS'ÉTENDREv. pron.
1Augmenter en surface ou en longueur. Tissu qui s'étend au lavage. se détendre, donner, s'élargir. Tache qui s'étend. s'agrandir. L'ombre des arbres s'étend le soir. s'allonger, grandir. Le feu s'est étendu jusqu'à la grange. envahir, gagner. L'incendie s'est étendu rapidement. se propager. Fig. L'obscurité, la nuit s'étend. « Un silence pieux s'étend sur la nature [pendant la nuit] » (Lamartine).
2(Personnes) s'allonger, se coucher. S'étendre sur un lit, sur un canapé, par terre. « elle voulut s'étendre un peu et ne se réveilla que le lendemain, au petit jour » (Camus).
3Avoir une certaine étendue; couvrir, occuper un certain espace. La forêt s'étend jusqu'à la rivière. 1. aller (jusqu'à), continuer. Des rangées d'arbres s'étendaient le long d'un fleuve. border, côtoyer, longer. « La jetée s'étend devant lui, comme l'amorce d'une route inachevée » (Louÿs). S'étendre à perte de vue. Par ext. Aussi loin que la vue peut s'étendre. embrasser.
Durer (temps). se prolonger. « s'étendant depuis les premiers temps jusqu'aux derniers » (Pascal).
4Fig. Prendre de l'extension, de l'ampleur. augmenter, croître; se développer. Le mal s'est étendu. s'aggraver. « Si l'épidémie s'étend, la morale s'élargira aussi » (Camus).
(Personnes) S'étendre sur un sujet, le développer longuement. Il s'étend trop là-dessus. s'attarder. « le temps ne me permet pas de m'étendre plus longuement » (Sainte-Beuve).
(Choses) S'étendre à, jusqu'à, sur. 1. aller (jusqu'à), s'appliquer, couvrir, embrasser. La domination romaine s'est étendue sur tout le monde méditerranéen. s'exercer, se répandre; régner. « Et sa bonté s'étend sur toute la nature » (Racine). Cette dénomination s'est ensuite étendue à l'ensemble.
⊗ CONTR. Plier, replier. Abréger, borner, diminuer , limiter, raccourcir, restreindre.

étendre verbe transitif (latin extendere) Donner à une matière plus de longueur, de largeur, augmenter sa superficie : Étendre une pâte au rouleau. Étaler, appliquer une couche de matière sur quelque chose, de façon qu'elle le recouvre : Étendre un enduit sur un mur. Déployer quelque chose qui est plié, roulé, ou répandre, éparpiller des choses sur une surface : Étendre un tapis, de la paille sur le sol. Donner toute son étendue à une partie du corps repliée ou contractée : Étendre les jambes. Déployer du linge mouillé et le faire sécher quelque part. Allonger quelqu'un de tout son long : Étendre un blessé sur une civière. Augmenter la portée, l'étendue de quelque chose jusqu'à englober telle autre chose, à avoir telle extension : Étendre la grève au secteur privé. Accroître, augmenter l'étendue, l'importance, le domaine de quelque chose ; agrandir : Étendre sa propriété en achetant un nouveau champ. Étendre les clauses d'un contrat. Diminuer la concentration d'un liquide, d'un mélange par addition de liquide : Étendre une peinture avec de l'essence. Familier. Faire tomber quelqu'un à terre en lui portant un coup. Familier. Refuser, recaler quelqu'un à un examen ; coller. Augmenter l'extension d'un concept, donner un sens, une nuance supplémentaire à un mot. ● étendre (difficultés) verbe transitif (latin extendere) Conjugaison Orthographe Étendre (famille de tendre) s'écrit avec un e, de même que ses dérivés étendage, étenderie, étendoir. Épandre (famille de répandre) s'écrit avec un a, de même que ses dérivés épandage, épandeur, épandeuse. Sens 1. Étendre = déployer en long et en large. Étendre du linge. 2. Épandre = faire tomber en étalant et en dispersant. Épandre du fumier. ● étendre (expressions) verbe transitif (latin extendere) Étendre le verre, ramollir les manchons et les développer en feuilles. ● étendre (homonymes) verbe transitif (latin extendere)étendre (synonymes) verbe transitif (latin extendere) Étaler, appliquer une couche de matière sur quelque chose, de façon...
Synonymes :
- étaler
Déployer quelque chose qui est plié, roulé, ou répandre, éparpiller des...
Synonymes :
- dérouler
Contraires :
Donner toute son étendue à une partie du corps repliée...
Synonymes :
- déplier
- éployer
- étirer
Contraires :
Allonger quelqu'un de tout son long
Synonymes :
Accroître, augmenter l'étendue, l'importance, le domaine de quelque chose ; agrandir
Synonymes :
- accroître
- élargir
Contraires :
Diminuer la concentration d'un liquide, d'un mélange par addition de...
Contraires :
Familier. Faire tomber quelqu'un à terre en lui portant un coup.
Synonymes :

étendre
v.
rI./r v. tr.
d1./d Allonger (un membre). étendre le bras.
Allonger (qqn). étendre un blessé sur le sol.
|| étendre un homme sur le carreau, le blesser gravement, l'assommer, le tuer.
Fig., Fam. étendre qqn, se faire étendre à un examen: refuser qqn, se faire refuser à un examen.
d2./d Déployer (qqch) en surface. étendre du linge pour le faire sécher.
d3./d Additionner d'eau, diluer. étendre du vin.
d4./d Agrandir, accroître. étendre sa domination sur un pays.
rII./r v. Pron.
d1./d Occuper un certain espace. L'empire du Mali s'étendait jusqu'à l'Atlantique.
d2./d Augmenter, se développer. Le royaume s'étendit peu à peu.
d3./d Fig. Aller jusqu'à. Son crédit ne s'étend pas jusque-là.
d4./d S'allonger. S'étendre sur une natte.
d5./d Loc. fig. S'étendre sur un sujet, en parler longuement.

⇒ÉTENDRE, verbe trans.
I.— [Avec l'idée dominante d'une modification de position ou de place]
A.— Mettre (un organe articulé, un objet de forme allongée) en position horizontale. (Quasi-)synon. allonger, tendre; anton. plier, replier.
1. [Le suj. désigne une pers.]
a) [Le compl. désigne un organe articulé, une partie du corps] Étendre le(s) bras. — Oui, reprit Baugé, qui étendait la main devant le soleil (ZOLA, Bonh. dames, 1883, p. 525). Il se tait un instant et étend avec soin les jambes, pour ménager, aux genoux, son pantalon minable (COLETTE, Music-hall, 1913, p. 63) :
1. ... elle avait les bras collés au corps, elle ne pouvait remuer; et quand Christophe posait la main sur sa menotte, pour rectifier la position des doigts et les étendre sur les touches, elle se sentait défaillir. Elle tremblait de jouer mal devant lui...
ROLLAND, J.-Chr., Foire, 1908, p. 785.
Au part. passé. La jambe, la main étendue. De son bras droit, long étendu, on ne voyait que l'extrémité des doigts hors du bâti grossier de la manche (COURTELINE, Ronds-de-cuir, 1893, 5e tabl., III, p. 186) :
2. Par instants Jaurès se tourne vers eux la main en l'air, achevant de rythmer sa phrase. Le bras demi-étendu, courbé, étendu devant lui, le doigt détaché de la main demi-close.
BARRÈS, Cahiers, t. 5, 1906, p. 27.
Rem. 1. On rencontre ds la docum. l'emploi au sens de « faire étendre ». Vous vous rappelez une jeune fille (...) qui gardait les doigts fléchis sans qu'il fût possible de les lui étendre (TROUSSEAU, Hôtel-Dieu, 1895, p. 223). 2. Étendu, dans cette valeur d'emploi, se rattache au concept de position, tendu, à celui de direction : le bras étendu en l'air, le bras tendu vers l'horizon.
Au fig. [Avec une valeur symbolique de protection] Étendre le bras sur qqn. Le protéger. Voici miss Anna Damby (...) Étendez le bras sur cette jeune fille, et sauvez-la (DUMAS père, Kean, 1836, III, 12, p. 155).
b) [Le compl. désigne un objet tenu dans la main] Ne suis-je pas Prospero le magicien? (...) ne puis-je pas, en étendant ma baguette, faire le calme ou la tempête (DUMAS père, Kean, 1836 IV, 2, p. 161).
2. Au fig. et p. anal. [Le suj. désigne un arbre, une fleur] Étendre ses racines, ses pétales. J'entrai jusque dans le grand salon sans rencontrer personne, et le jeune marronnier qui étendait là ses grandes feuilles me fit l'effet d'un ami (FRANCE, Bonnard, 1881, p. 364). Des murs par-dessus lesquels des arbres étendaient leurs verdoyants rameaux (DUHAMEL, Passion J. Pasquier, 1945, p. 76).
Fréq. au part. passé. Les branches étendues.
B.— Placer (un objet) en (l')étalant sur une surface (lui) servant d'appui.
1. [Le compl. désigne une matière souple, pliée]
a) Déplier, déployer dans sa plus grande dimension. Il avait un journal, qu'il étendit pour ne point tacher son pantalon (MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, Boule de suif, 1880, p. 126).
Fréq. au part. passé. Garine regarde le plan étendu sur la table (MALRAUX, Conquér., 1928, p. 85).
b) En partic. Étendre du linge, la lessive. Placer le linge, la lessive lavés sur des cordes, sur un étendoir pour les y faire sécher. Nous trouvons M. Arnold le cadet occupé à dessiner, sa femme à étendre la lessive (STENDHAL, Journal, 1804, p. 54) :
3. Comme il ne bougeait toujours point, elle se leva, prit un paquet de linge lavé et tordu, et se mit à l'étendre sur les buissons, (...) elle s'arrangea de façon à l'éclabousser avec ses draps mouillés, et elle le regarda effrontément, en riant.
ROLLAND, J.-Chr., Révolte, 1907, p. 610.
c) Emploi pronom. Se déployer. (Quasi-)synon. se déplier, se dérouler, s'étirer. Nous montâmes en chaloupe, on hissa la voile qui s'étendit dans toute sa hauteur et nous couvrit de son ombre (FLAUB., Champs et grèves, 1848, p. 385). La mer (...) poussait dans le golfe ses immenses demi-cercles ourlés d'écume. Chaque lame se dépliait à son tour et s'étendait à plat sur la grève comme une étoffe sous la main d'un marchand (HUGO, Fr. et Belg., 1885, p. 150).
d) P. anal. [Avec un compl. circ. de lieu] Étaler, répandre. La grande fraîcheur des crépuscules du Midi étendait sur la campagne un invisible manteau froid (MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, Champ d'oliv., 1890, p. 85). La nuit étendit sur le jardin ses voiles bleus (FRANCE, Révolte anges, 1914, p. 398).
Emploi pronom. S'étaler, recouvrir. Une ombre, sans cesse épaissie et qui semblait funèbre, s'étendait sur la boutique de librairie (FRANCE, Orme, 1897, p. 185). Immense et clair, d'un blanc à peine bleuté, un ciel lavé s'étend sur la ville (MARTIN DU G., J. Barois, 1913, p. 278) :
4. Un beau soir, que le ciel moelleux, comme un tapis d'Orient, aux teintes chaudes, un peu passées, s'étendait au-dessus de la ville assombrie, Christophe suivait les quais, de Notre-Dame aux Invalides.
ROLLAND, J.-Chr., Foire, 1908, p. 767.
P. métaph. Son sourire s'évanouit, une ombre s'étendit sur son visage (MARTIN DU G., Thib., Sorell., 1928, p. 1138).
2. [Le compl. désigne un objet rigide, ou un ensemble d'objets]
a) [Le compl. désigne un objet plan ou de forme allongée] On étend un matelas [sur la galère], un pur matelas espagnol, qui ne vous empêche en aucune façon de sentir les angles du bagage entassé au hasard (GAUTIER, Tra los montes, 1843, p. 60). Ce point d'appui installé, les ouvriers machinistes étendent quelques madriers, frappent un palan et montent des solives (MOYNET, Machinerie théâtr., 1893, p. 33).
b) [Le compl. désigne un ensemble d'objets] Étaler (des objets) çà et là. Puis il étendit sur des chaises toutes ses emplettes, qu'il considéra longtemps (MAUPASS., Contes et nouv., t. 1, Dimanches bourg. Paris, 1880, p. 288). Je rencontrai une bonne vieille qui étendait des herbes sèches dans la tombe d'une vierge antique, expirée le jour de ses noces (FRANCE, Lys rouge, 1894, p. 111).
c) P. métaph. [Suj. et compl. désignent des lieux, des éléments du paysage] Le parc infini étend ses perspectives tantôt sur des profondeurs de forêt, tantôt sur les pays environnants (MAUPASS., Contes et nouv., Jadis, 1883, p. 597). Au creux de la vallée, Florence étendait ses dômes, ses tours et la multitude de ses toits rouges (FRANCE, Lys rouge, 1894p. 115).
C.— En partic. [Le compl. désigne le corps humain, une pers., un animal]
1. Coucher (quelqu'un) de tout son long. Je bégayai un adieu à mon pauvre ami Raoul et nous l'étendîmes à terre (VILLIERS DE L'I.-A., Contes cruels, 1883, p. 280). Quel délice Que d'étendre à même la mousse Après la danse, le corps lisse! (VALÉRY, Charmes, 1922, p. 151).
Au part. passé. Il se rencontre à la guerre des scènes où quatre hommes risqués causent plus d'effroi que les milliers de morts étendus à Jemmapes (BALZAC, Chouans, 1829, p. 30).
2. Emploi pronom. à valeur réfl., usuel. Prendre une position allongée. Je vais m'étendre; étendez-vous un peu, cela vous reposera. (Quasi-)synon. s'allonger, se coucher. Je rentre à la maison, je me déshabille et je m'étends jusqu'au dîner (COLETTE, Cl. école, 1900, p. 304). Après s'être lavé, il s'étendit avec délices dans les draps frais (GIDE, Caves, 1914, p. 778). V. anthropoïde ex. 1 :
5. André (...) prend le bras de Denise, et (...) la ramène doucement à l'ombre. — Étends-toi, maintenant; repose-toi. Il l'aide à s'allonger sur la chaise longue d'osier et s'assied à ses pieds.
MARTIN DU G., Devenir, 1909, p. 180.
SYNT. S'étendre à plat ventre, sur le dos, sur le flanc; s'étendre sur un divan, un fauteuil; s'étendre sur l'herbe; s'étendre entre les draps; s'étendre sous la table, un arbre.
Au part. passé. (Quasi-)synon. couché, vautré. Un petit chien jaune, (...) étendu de tout son long sur la terre nue (ZOLA, Dr Pascal, 1893, p. 201). Madame Mardrus, charmante, joue avec ses bagues sur le divan où je suis à demi étendu (GIDE, Journal, 1902, p. 123). Étendu sur son lit, il dévorait un dictionnaire taurin (MONTHERL., Bestiaires, 1926, p. 398).
SYNT. Étendu au flanc de, au fond de; étendu par terre, sur le gazon, sur l'herbe; mollement, négligemment, nonchalamment, paresseusement, voluptueusement étendu.
3. [Avec implication de violence; dans le but éventuel de tuer] Renverser (quelqu'un) (sur le sol). Un coup de couteau l'étendit inanimée sur le sol (THARAUD, Fête arabe, 1912, p. 192).
a) Loc. Étendre raide (mort), étendre mort. Tuer. Il arrangeait la scène, discutait où il se placerait, comment il frapperait, afin de l'étendre raide (ZOLA, Bête hum., 1890, p. 205).
Au part. passé. Je vois dans ce vêtement tramé par les Furies Cet homme étendu mort (CLAUDEL, Agamemnon, 1896, p. 909).
b) [Avec un compl. prép. de] Jeter à terre. Gaigneux, dur et râblé, était sûr de l'étendre d'une claque. Tout en se raidissant contre la tentation, il visait un coin de mâchoire (AYMÉ, Uranus, 1948, p. 85) :
6. C'était pourtant à lui que ces choses étaient arrivées. C'était lui qui avait, d'un coup de crosse, étendu Bourrel à ses pieds, qui avait tiré dans la nuit, fracassant le genou de Piveteau.
GENEVOIX, Raboliot, 1925, p. 288.
Spéc., SP. (lutte, boxe). (Quasi-)synon. envoyer au tapis. Toto Sépulture ne fit pas long feu; au deuxième round Jacques l'étendit à terre d'un direct à la mâchoire de derrière les fagots (QUENEAU, Loin Rueil, 1944, p. 61).
En partic. Tuer. L'ennemi que j'ai étendu d'une balle au ventre avant qu'un autre ne le vengeât, je l'ai observé quand il mourait (SAINT-EXUP., Citad., 1944, p. 570).
c) Fam., pop. Tuer. (Quasi-)synon. abattre, allonger. Tu vas me le dire tout de suite (...) ou je t'étends! (...) je sentais son bide trembler sous mon flingue (SIMONIN, Touchez pas au grisbi, 1953, p. 107).
Loc. Se faire étendre
♦ Se faire tuer (d'une balle). Et je comptais pas dans le lot [des dix cadavres, victimes de mon grisbi] la petite lope du square Vintimille qui s'était fait étendre elle aussi, au flan (SIMONIN, Touchez pas au grisbi, 1953 p. 231).
P. ext. Se faire prendre à partie violemment. C'était un coup à se faire étendre!... la bévue était effrayante! (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 155).
Au fig., fam. (dans la langue des écoliers, étudiants). Échouer à un examen, un concours.
II.— [Avec l'idée dominante d'un accroissement de dimensions]
A.— [Accroissement de mesures, de quantités]
1. Faire couvrir une surface (plus grande) (à une substance). Étendre la colle avec un pinceau. (Quasi-)synon. étaler, répandre. Pendant que le mari étendait du beurre sur son pain, la femme prit l'œuf et l'examina d'un œil méfiant (MAUPASS., Contes et nouv., t. 1, Conte de Noël, 1882, p. 84). Maniant la minuscule truelle d'or, il feignait d'étendre le ciment (ADAM, Enf. Aust., 1902, p. 29). Une servante qui avec un linge humide, tâchait de nettoyer la jupe de doña Urraca, étendant ainsi les taches de vin sans les faire disparaître (TOULET, Mar. Don Quichotte, 1902, p. 114).
Emploi pronom. réfl. Gagner en surface, se répandre. La tache ronde, au plafond, s'élargissait, semblait s'étendre comme une tache de sang (ZOLA, Bête hum., 1890, p. 169).
2. Accroître le volume (d'un liquide) par addition d'eau, soit pour augmenter sa quantité, soit pour atténuer sa force. (Quasi-)synon. allonger, diluer. Il [Péguy] s'habilla, prit un café au lait qu'il étendit abondamment d'eau chaude, puis regarda l'heure à sa montre (THARAUD, Péguy, 1926, p. 240).
Au part. passé. Il suffisait de (...) tremper [les papiers] pendant quelques minutes dans le nitrate d'argent étendu d'eau (VERNE, Île myst., 1874, p. 395). Des gouttes de benzine se séparent d'une masse d'alcool étendu d'eau (PLANTEFOL, Bot. et biol. végét., t. 1, 1931, p. 305).
P. ell. Acide azotique, sulfurique étendu. L'antiseptique de choix pour la désinfection des (...) cuves est le formol étendu (BOULLANGER, Malt., brass., 1934, p. 464).
B.— Augmenter, prolonger.
1. [Le suj. désigne un phénomène physiol., pathol.]
a) Augmenter l'importance, la portée de. Le mal grandit et étend ses ravages (CADET DE GASSICOURT, Mal. enf., t. 1, 1880-84, p. 191).
b) Emploi pronom. L'an d'après le mal empira, le ravage s'étendit (PESQUIDOUX, Livre raison, 1925, p. 94) :
7. ... nulle détente ne paraît se manifester dans le cas de la substance vivante. Plus le phénomène de la division cellulaire s'étend, plus il gagne en virulence. Une fois déclenché le jeu de la scissiparité, rien ne saurait arrêter au dedans (...) ce feu constructeur et dévorant.
TEILHARD DE CH., Phénom. hum., 1955, p. 110.
S'étendre à. Se propager à. L'irritation s'étendit à toutes les muqueuses (DRIEU LA ROCH., Rêv. bourg., 1939, p. 196).
S'étendre sur. Couvrir. Une tuméfaction livide s'étendait sur la jambe (FLAUB., Mme Bovary t. 2, 1857, p. 17).
2. [En parlant d'un phénomène acoustique] Elle [la coulisse] fut ajoutée à certains instruments de cuivre pour augmenter la longueur du tube sonore et pour étendre l'échelle des sons (ROUGNON 1935).
Emploi pronom. [En parlant de la voix humaine] S'étendre au-delà de. Produire une gamme de fréquence supérieure à. La voix humaine (...) ne peut s'étendre avec harmonie au-delà de deux octaves (JUMILHAC, Sc. et prat. plain-chant, 1847, p. 102).
3. [Le compl. désigne une matière, un élément de nature littér., musicale] Augmenter, prolonger. Camille avait étendu, varié, modifié l'introduction à la cavatine de « Grâce pour toi, grâce pour moi », qui est presque tout le quatrième acte de Robert-le-Diable (BALZAC, Béatrix, 1839-45, p. 90). Au lieu de tonifier la pensée et de serrer la phrase, le feuilleton les étend et les délave, tire dessus comme sur une étoffe (GONCOURT, Journal, 1858, p. 571).
4. Accroître, augmenter géographiquement l'importance, la portée de. L'entreprise d'escroquerie étendait sur plus d'un département français ses ramifications ténébreuses (GIDE, Caves, 1914, p. 785).
8. Je verrai, par la suite, à intéresser dans l'affaire mes voisins, les gens de ma maison, mes camarades. Puis j'étendrai petit à petit le cercle de mon activité, jusqu'au jour où le monde entier... mais n'anticipons pas.
DUHAMEL, Journal Salav., 1927, p. 25.
En partic., dans le domaine milit., pol. Étendre le front offensif :
9. ... nous avions été amenés à étendre notre front de combat de la Suisse à la mer du Nord, sur une étendue de six cent quatre-vingts kilomètres, (...) et à improviser à l'extrémité nord de ce front (...) une nouvelle bataille décisive.
FOCH, Mém., t. 1, 1929, p. 244.
Emploi pronom. réfl. La Russie s'étendait en Extrême-Orient, où elle ne tarderait pas à se heurter au Japon dans un conflit désastreux (BAINVILLE, Hist. Fr., t. 2, 1924, p. 248).
Rem. On rencontre ds la docum. étendre loin. Augmenter la distance de beaucoup. Peu à peu, j'étendis mes courses fort loin en descendant au milieu des forêts du Ghylàn (GOBINEAU, Nouv. asiat., 1876, p. 185).
C.— Au fig. Développer, accroître la portée, l'influence (de). (Quasi-)synon. accroître, élargir, augmenter.
1. [Sans indication de limite ou de terme] Étendre ses connaissances, une hypothèse. Un homme pourvu d'entregent, qui cherchait à étendre ses affaires (LACRETELLE, Hts ponts, t. 1, 1932, p. 190). Ces années lui permettent d'étendre, d'approfondir (...) sa connaissance de la vie et des hommes (ROMAINS, Hommes bonne vol., 1932, p. VI). On dirait (...) que nous agrandissons l'Ignorance en la mutilant, que nous étendons son empire en lui arrachant des provinces (ARNOUX, Seigneur, 1955, p. 109) :
10. La vérité (...) est d'ordre psychologique. Elle témoigne seulement de l'« intérêt » que peut présenter la réalité. (...) Mais si l'on veut étendre et fonder rationnellement cette notion de vérité, (...) on restitue sa profondeur à l'expérience.
CAMUS, Sisyphe, 1942, p. 65.
Faire se développer. Loin de créer un antagonisme entre le tout et les parties, le progrès de la vie sociale doit étendre à la fois l'action de l'État et l'initiative individuelle (BLONDEL, Action, 1893, p. 269).
En partic. [Le compl. désigne le sens de mots, d'idées, de paroles] Amplifier, élargir. Les femmes savent donner à leurs paroles une sainteté particulière, elles leur communiquent je ne sais quoi de vibrant qui étend le sens des idées (BALZAC, Secrets Cadignan, 1839, p. 329) :
11. ... le petit enfant, du jour où il commence à parler (...) étend le sens des mots qu'il apprend, profitant du rapprochement le plus accidentel (...) pour détacher et transporter ailleurs le signe qu'on avait attaché devant lui à un objet.
BERGSON, Évol. créatr., 1907, p. 159.
Rem. On rencontre ds la docum. étendre au large. Étendre largement, beaucoup. J'étends au large le sens du mot imagination : c'est pour moi le nom de la vie intérieure, l'appellation collective des plus belles facultés de l'âme (M. DE GUÉRIN, Corresp., 1834, p. 181).
SYNT. Étendre son action, son activité, sa propagande, ses relations; étendre sa domination, son influence, ses pouvoirs, sa puissance, sa surveillance; étendre ses idées.
Emploi pronom. réfl. S'accroître, avoir, prendre de l'ampleur, de l'importance. Son commerce s'étend, le marché s'étend, les affaires s'étendent. (Quasi-)synon. prospérer.
♦ Se répandre, gagner du terrain. Depuis, le mouvement n'a fait que s'étendre (DURKHEIM, Divis. trav., 1893, p. 164). On ne savait pas combien de facilités elle [la faillite des Allemands] trouverait à reprendre pied, à s'étendre contagieusement, favorisée par le penchant naturel de l'homme (ARNOUX, Crimes innoc., 1952, p. 209).
En partic. [Le suj. désigne l'esprit] S'accroître en portée, en puissance, en capacité. Son esprit s'étendit beaucoup :
12. Il y a plus d'esprit à se tromper à la manière de Descartes, qu'à redresser Descartes comme un petit bachelier peut faire. Et cette grandeur d'esprit se voit encore mieux dans l'erreur, quand l'erreur est selon l'esprit, non selon les passions. Un esprit est grand parce qu'il se gouverne plutôt que parce qu'il s'étend.
ALAIN, Propos, 1924, p. 623.
SYNT. La culture, l'intelligence s'étend; l'autorité, le pouvoir s'étend; une calamité, un désastre s'étend; des perspectives s'étendent.
2. [Avec indication de limite ou de terme]
a) Étendre à, jusqu'à, au-delà de. Accroître, élargir, généraliser (à, jusqu'à, au-delà de). Ce sentiment naît avec lui et étend ses désirs au-delà de son horizon et de sa vie (BERN. DE ST-P., Harm. nat., 1814, p. 276). J'eus graduellement étendu ma manière jusqu'à m'en faire une méthode (SAINTE-BEUVE, Nouv. lundis, t. 13, 1863-69, p. 224) :
13. ... rien ne les lassait dans cette recherche du vrai. Ils l'étendaient à l'art d'aujourd'hui, comme à l'art du passé; et ils analysèrent la vie privée de certains des plus notoires contemporains, avec la même passion d'exactitude.
ROLLAND, J.-Chr., Foire, 1908, p. 672.
[Avec un compl. de temps] Ma grand'mère exigeait qu'avant de partir je m'étendisse (...) pendant une heure sur mon lit, sieste que le médecin (...) m'ordonna (...) d'étendre à tous les autres soirs (PROUST, J. filles en fleurs, 1918, p. 798).
Emploi pronom. à sens passif. S'étendre à. Embrasser, s'appliquer à :
14. ... elle repoussait brusquement l'amant éventuel, décommandait le rendez-vous le soir-même où l'on croyait qu'elle allait se donner. — C'est une fille qui ne sait pas ce qu'elle veut (...). Cette indécision devenait maladive, et s'étendait à tous les domaines de la vie.
DRUON, Gdes fam., t. 2, 1948, p. 146.
En partic. [Avec un compl. désignant des pers.] Elle étendit à toute la famille de son père la répugnance que celui-ci lui inspirait (BEAUVOIR, Mém. j. fille, 1958, p. 117) :
15. À Alexis Carrel revient la découverte d'une autre donnée (...). Les recherches, cette fois, ont porté sur l'animal, principalement sur les poulets et sur les chiens; mais on est certainement en droit d'étendre à l'homme les résultats obtenus.
J. ROSTAND, La Vie et ses probl., 1939, p. 119.
Emploi pronom. à sens passif. S'étendre à. Aller jusqu'à, s'appliquer à. Quoi! Tu résistes? Mais j'ai le droit d'ordonner. Ne sais-tu pas que mon pouvoir s'étend à tout chrétien, mort ou vivant? (RENAN, Drames philos., Eau jouvence, 1881, II, 5, p. 469).
b) Étendre sur. Répandre sur, couvrir (de). Étendre son empire sur. Une poignée d'hommes, qui étaient venus s'établir sur les bords du Tibre, étendit sa domination sur les peuples voisins, et finit par envahir le monde (BRILLAT-SAV., Physiol. goût, 1825, p. 264).
P. métaph. Étendre son ombre sur. Couvrir de son influence. Adieu la Grande École, Polytechnique (...) et tous ces cloîtres laïques (...) qui étendent leurs ombres austères et magnifiques sur l'enseignement secondaire (ARNOUX, Solde, 1958, p. 102).
En partic. Étendre sa protection sur. Couvrir de sa protection. M. Hervouët n'avait jamais passé pour un de ces excentriques sur lesquels un bourg étend sa protection un peu ricaneuse (COLETTE, Képi, 1953, p. 158).
3. En partic., emploi pronom. réfl. [Le suj. désigne une pers.] Développer (oralement ou par écrit) un propos (relatif à quelqu'un ou quelque chose). (Quasi-)synon. insister, s'appesantir sur. Puis, il y avait la cathédrale, il s'étendait sur la cathédrale, en homme bien renseigné et respectueux de la religion (ZOLA, Terre, 1887, p. 193). J'ai lu le « Stéphane Mallarmé » de Mockel qui est beau, et sur lequel je m'étendrais si j'avais le temps et moins d'ahurissement (RIVIÈRE, Corresp. [avec Alain-Fournier], 1906, p. 134). Mais je ne m'étendrai pas davantage sur ce sujet (APOLL., Tirésias, 1918, p. 868).
P. métaph. L'ironie doit faire court. La sincérité peut s'étendre (RENARD, Journal, 1908, p. 1164).
III.— [Avec l'idée dominante d'une représentation statique] Emploi pronom. réfl.
A.— [Dans l'espace]
1. Occuper un certain espace, une certaine superficie. (Quasi-)synon. s'étaler.
a) [Le suj. désigne un (élément du) paysage] Nice couchée au bord de l'eau s'étendait comme un fil blanc entre la mer et la montagne (MAUPASS., Contes et nouv., t. 1, Mme Parisse, 1886, p. 728). Il portait dans sa tête la carte des creux et des bosses de tout le pays qui s'étendait à deux kilomètres autour de la maison (ROLLAND, J.-Chr., Aube, 1904, p. 22) :
16. ... un des grands attraits de Londres c'est le passage brusque du maximum de la densité humaine à la verdure qui s'étend à perte de vue et à ces rues où il semble presque que personne ne passe jamais.
DU BOS, Journal, 1923, p. 268.
b) Au fig. [Le suj. ne désigne pas un lieu] Le violet pur des lèvres, le front pâle et uni, les yeux, où s'étendait une rêverie glaciale, éblouirent Eucher (MAURRAS, Chemin Paradis, 1894, p. 132). Le champ de l'histoire musicale s'étend à perte de vue (COMBARIEU, Mus., 1910, p. 13).
2. Couvrir une certaine distance, une certaine longueur. (Quasi-)synon. s'allonger, s'étirer. La rue Notre-Dame de Lorette s'étendait noire et déserte (ZOLA, Nana, 1880, p. 1313). La construction s'étend en longueur au bas d'un vaste parc (RENAN, Souv. enf., 1883, p. 223).
En constr. impers. Il s'étend. Il y a. Et il ne s'étend tout de même pas des lieues entre les Gobelins et le minaret à horloge de la gare de Lyon (ARNOUX, Double chance, 1958, p. 192).
Au fig. [En parlant d'un écrit] Je ne sais si j'ai donné le bon à tirer de ce qui s'étend de la page 506 à 511? (FLAUB., Corresp., 1879, p. 318).
3. En partic. [Avec des suj. tels que l'œil, le regard, la vue] Se porter (à une certaine distance). Une ascension d'abord à Notre-Dame sur les tours d'où l'œil s'étend sur l'immense ville et vous en donne le plan (E. DE GUÉRIN, Lettres, 1838, p. 206). De l'étage où ils étaient, la vue s'étendait, par-dessus le mur d'en face, moins élevé que les autres, sur un de ces grands jardins de couvents (ROLLAND, J.-Chr., Maison, 1909, p. 937).
B.— P. anal. [Dans la durée] Couvrir (un certain laps de temps), durer. S'étendre sur une quarantaine d'années. (Quasi-)synon. se prolonger. L'année apicole, qui est brève et dont l'activité ne s'étend guère que d'avril à la fin de septembre (MAETERL., Vie abeilles, 1901, p. 16). La période qui s'étend du 28 septembre au 4 octobre ne donnera donc lieu, devant la 9e armée, qu'à des événements de peu d'importance pour la situation générale (FOCH, Mém., t. 1, 1929, p. 161). Le lundi s'étend ainsi qu'un désert sans caravanes (ARNOUX, Paris, 1939, p. 83) :
17. Ce qu'un écrivain français de race pure, en tout cas dans toute la période qui s'étend de Montaigne à Rousseau, non seulement vise par-dessus tout, mais au fond préfère à tout, c'est de vérifier sur lui-même, et à la faveur de ce lui-même, son idée générale de l'homme...
DU BOS, Journal, 1926, p. 10.
Rem. On rencontre ds la docum. a) Étenderie, subst. fém., domaine de la vitrerie. Sorte de rouleau en pierre destiné à l'étendage du verre (d'apr. Lar. Lang. fr.). Le découpage, l'ouverture, l'étenderie et le maintien dans l'arche à recuire sont produits par des dispositifs mus électriquement (C. DUVAL, Verre, 1966, p. 62). b) Étendeur, euse, subst., rare. Personne qui étend (quelque chose). J'ai parlé de vous au (...) chef des étendeurs de tapis de Son Altesse (GOBINEAU, Nouv. asiat., 1876, p. 146).
Prononc. et Orth. :[], (j')étends []. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Début XIIe s. « déployer dans sa longueur, dans sa largeur » ici dans le temps (Psautier Oxford, 84, 5 ds T.-L. : estendrai la tue vie de generaciun en generaciun); ca 1165 les bras destres estendeient (B. DE STE-MAURE, Troie, éd. L. Constans, 16663); 2. ca 1165 « coucher quelqu'un en l'allongeant de tout son long », en partic. « renverser quelqu'un à terre » (ID., ibid., 10924), « tuer quelqu'un » mort l'estent (ID., ibid., 12186); 3. 1283 « donner plus de longueur, de largeur, d'importance » ici pronom. (PH. DE BEAUMANOIR, Coutumes Beauvaisis, éd. A. Salmon, 156); 4. 1827 un acide étendu d'eau (STENDHAL, Armance, p. 10). Du lat. class. extendere de mêmes sens, composé du lat. class. tendere « tendre » et de ex à valeur intensive. Fréq. abs. littér. :7 481. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 13 370, b) 10 867; XXe s. : a) 8 509, b) 9 465.

étendre [etɑ̃dʀ] v. tr. [CONJUG. tendre. → Rendre.]
ÉTYM. V. 1120, estendre; lat. extendere, de ex-, et tendere. → Tendre.
1 Déployer (un membre, une partie du corps) dans sa longueur (en l'écartant du corps, en le dépliant par extension). Déplier, détendre, développer. || Étendre les bras, les jambes. Allonger, étirer; extension. || Bâiller en étendant les bras. Pandiculation; → Dresser, cit. 21. || Étendre le bras, la main vers (telle direction), du côté de qqch. Diriger, tendre; → Anathème, cit. 3. || Étendre la main sur, au-dessus de qqch.
1 L'une entr'ouvrait un œil, l'autre étendait un bras (…)
La Fontaine, Fables, V, 6.
2 (La Mollesse) Soupire, étend les bras, ferme l'œil, et s'endort.
Boileau, le Lutrin, II.
3 (…) elle marchait en étendant vers elle (vers Adrienne) sa main droite d'une manière qui faisait songer à une aveugle.
J. Green, Adrienne Mesurat, I, 1.
Étendre les ailes (en parlant d'un oiseau). Déployer, éployer (→ Âme, cit. 33). || Paon qui étend sa queue. Épanouir.Étendre ses tentacules.Étendre ses branches, ses racines (en parlant d'un arbre). Étaler, pousser.Par métaphore :
4 (…) il faut qu'il (l'art) pousse en terre libre, et qu'il y étende librement ses racines, partout où il peut boire la vie.
R. Rolland, Voyage musical au pays du passé, p. 104.
2 Placer à plat ou dans sa plus grande dimension (ce qui était plié). || Étendre du linge, le placer sur des cordes, sur un étendoir… pour qu'il y sèche. || Étendre ses vêtements trempés devant le feu (→ Camaraderie, cit. 3).
5 Les premiers objets qui se présentèrent furent Cunégonde et la vieille, qui étendaient des serviettes sur des ficelles pour les faire sécher.
Voltaire, Candide, XXIX.
6 (…) elle ramassa sa corbeille pour aller étendre son linge sur les buissons.
G. Sand, la Mare au diable, XVI, p. 133.
Étendre un rouleau de parchemin sur la table. Dérouler (cit. 1), étaler. || Étendre un tapis sur le parquet. Mettre, placer, poser. || Étendre un manteau par terre, pour s'asseoir, se coucher. || Elle étendit sur lui une couverture.
7 Et ton manteau dessus (sur) l'herbe étendis
En me disant « M'amie Maguelonne,
Reposons-nous sur l'herbe qui fleuronne,
Et écoutons du rossignol le chant ».
Clément Marot, Épîtres, I.
(Sujet n. de chose). || Le pays étend ses champs… (→ Ardoisière, cit.). || Le tilleul étendait son ombre sur l'esplanade. Couvrir, recouvrir (de son ombre).Par métaphore :
8 Le soleil sur l'herbe étendait devant eux une nappe éblouissante.
Martin du Gard, les Thibault, t. II, p. 221.
9 (…) l'Autrichienne étendait sur lui l'ombre de sa masse tutélaire.
F. Mauriac, le Sagouin, I, p. 23.
Loc. Étendre un voile sur… Cacher, dérober (à la vue), voiler.
3 (V. 1165). Coucher (qqn) de tout son long. || Étendre un blessé sur un lit, sur un matelas.
10 Il l'étend le long du foyer,
Le réchauffe, le ressuscite.
La Fontaine, Fables, VI, 13.
11 Télémaque fit laver la plaie sanglante (…) de Pisistrate : il le fit étendre sur un lit de pourpre (…)
Fénelon, Télémaque, XXI.
Étendre un homme par terre. Renverser (→ Assaillir, cit. 3). || Étendre un homme sur le carreau. Tuer. || Il l'étendit (raide) mort.
12 Que si ce loup t'atteint, casse-lui la mâchoire.
On t'a ferré de neuf; et, si tu me veux croire,
Tu l'étendras tout plat.
La Fontaine, Fables, VIII, 17.
Fam. || Boxeur qui étend son adversaire pour le compte.
(1929). Fig. (argot scol.). Coller, refuser. || L'examinateur a étendu le candidat. || Se faire étendre au bachot.
4 Rendre (qqch.) plus long, plus large en faisant couvrir une surface plus grande. || Étendre une chose dans sa longueur, dans sa largeur. Augmenter. || Étendre du beurre sur du pain. Étaler; beurrer. || Étendre une couche, une pâte, un enduit sur une surface. Appliquer, enduire, étaler, recouvrir, répandre.
13 Elle prend les pinceaux, trace, étend la couleur (…)
Molière, la Gloire du Val-de-Grâce, 314.
Étendre de la paille sur le sol. Éparpiller.Étendre ses troupes, son front.
Par ext. || Étendre une solution, en y ajoutant du dissolvant. || Étendre un alcool, un acide. || Étendre du vin, en l'additionnant d'eau. Affaiblir, allonger, délayer, diluer, mélanger.
5 Rendre plus grand. Accroître, agrandir, amplifier, arrondir, augmenter, développer, élargir; loin (porter, pousser plus loin). || Étendre ses domaines. || Étendre son empire, sa puissance, son action, son influence, sa fortune, ses affaires. Grossir.Faire aller plus loin, faire couvrir plus d'espace à (qqch.). || Étendre son vol (→ Calomnie, cit. 5). || Étendre sa domination, son pouvoir sur qqn, sur un pays. Conquérir, gagner (du terrain); envahir. || Étendre ses conquêtes amoureuses (cit. 10). || Étendre sa gloire, sa réputation. || Étendre sa compétence, le domaine de sa compétence. || Étendre ses lectures, ses connaissances, son vocabulaire, le champ de ses expériences, la sphère de son activité. || Étendre ses relations, le cercle de ses relations. || Étendre le sens, la signification d'un mot, l'application d'une loi. || Étendre un sujet, un discours. || Étendre les bienfaits de la science, d'une découverte à tous les pays. Généraliser, propager, répandre.Par ext. Mettre plus loin de manière à agrandir ce qui est limité. || Étendre les bornes, les limites de qqch. Reculer.
14 (…) les Princes ne doivent être moins curieux d'agrandir les bornes de leur seigneurie, que d'étendre, à l'imitation des Romains, le langage de leur pays par toutes nations.
Ronsard, Œuvres en prose, L'art poétique.
15 Il faut étendre la joie, mais retrancher autant qu'on peut la tristesse.
Montaigne, Essais, III, IX.
16 J'appelle l'un l'amour et l'autre l'ambition.
Cette dernière étend le plus loin son empire (…)
La Fontaine, Fables, X, 9.
17 (…) plusieurs scènes qu'il aurait étendues davantage s'il avait eu plus de loisir.
Molière, la Princesse d'Élide, II, 1, Avis.
18 (…) des secrets pour étendre la vie à de longues années (…)
Molière, le Malade imaginaire, III, 3.
19 Le devoir d'une fille a des bornes (…) et la raison et les lois ne l'étendent point à toutes sortes de choses.
Molière, le Malade imaginaire, II, 6.
20 Là de la Palestine il étend la frontière (…)
Racine, Bérénice, I, 4.
21 Que sur lui sa captive étende son pouvoir.
Racine, Andromaque, II, 1.
22 Que servirait à Louis d'avoir étendu sa gloire partout où s'étend le genre humain ?
Bossuet, Oraison funèbre de Marie-Thérèse d'Autriche.
23 Le devoir est d'étendre, de régulariser les jouissances, de prévenir la douleur et de perpétuer les émotions heureuses (…)
É. de Senancour, De l'amour…, p. 363.
24 Ces années (précédant l'âge mûr de l'écrivain) lui permettent d'étendre, d'approfondir, de corriger sa connaissance de la vie et des hommes; sa connaissance même de l'art.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. I, Préface, p. 6.
tableau Verbes exprimant une idée de mouvement.
——————
s'étendre v. pron.
1 (Passif). Augmenter en surface ou en longueur. || L'or s'étend sous le marteau. || Le fer, le cuivre s'étend par passage dans une filière. Étirer (s'). || Ce drap, ce tissu s'étend à la longue. Détendre (se), donner, élargir, prêter. || Tache qui s'étend. Agrandir (s').Les troupes s'étendaient dans la plaine. Déployer (se), développer (se). || L'ombre des arbres s'étend sur le jardin. Allonger (s'), grandir. || Le feu s'étend jusqu'à la grange. Envahir, gagner.Fig. || L'obscurité, la nuit s'étend.
25 Sur la face des eaux s'étend la nuit profonde (…)
Abbé Delille, Énéide, I.
26 Un silence pieux s'étend sur la nature (pendant la nuit)
Lamartine, Harmonies…, II, 4.
2 Réfl. (Personnes). S'allonger, se coucher. || S'étendre de tout son long. || S'étendre sur un lit, sur un canapé, sur une chaise longue. || Ils se sont étendus nonchalamment sur l'herbe. Étaler (s'). || S'étendre d'une manière paresseuse. Vautrer (se). || S'étendre aux pieds de qqn.
27 Étendez-vous là seulement (…)
Molière, le Malade imaginaire, III, 11.
28 (…) c'est une caresse qui m'enveloppe, et je me sens écrasée comme si un dieu s'étendait sur moi.
Flaubert, Salammbô, III, p. 51.
29 Quand elle s'étendait nue sur le parquet (pour faire de la culture physique), il surveillait les mouvements de son beau corps soyeux et robuste (…)
J. Chardonne, les Destinées sentimentales, p. 238.
30 (…) il se jeta sur la terre, il s'étendit là où il s'était étendu quelques heures plus tôt.
J. Green, Léviathan, I, XIII.
Absolt. || S'étendre pour se reposer. || Étendez-vous un peu après le repas.
31 (…) elle voulut s'étendre un peu et ne se réveilla que le lendemain, au petit jour.
Camus, la Peste, p. 252.
3 (Sujet n. de chose). Avoir une certaine étendue, couvrir, occuper un certain espace. || La forêt s'étend depuis (cit. 20) le village jusqu'à la rivière. Aller (jusqu'à). || Chaîne de montagnes qui s'étend jusqu'à la mer. Continuer, courir. || Des arbres s'étendent le long d'un fleuve. Border, côtoyer, longer. || Les branches s'étendaient comme de grands bras (→ Anguleux, cit. 1). || Les faubourgs qui s'étendent au delà des remparts. Déborder. || Son domaine ne s'étend pas plus loin. || La plaine qui s'étend alentour. || Les blés (cit. 6) s'étendent au loin dans la plaine. || Les espaces vides qui s'étendent devant nous.S'étendre à perte de vue.Par ext. || Aussi loin que la vue peut s'étendre. Embrasser.
32 Autant que mes regards au loin peuvent s'étendre (…)
Voltaire, Mérope, V, 5.
33 (La plaine) Qui s'étend de Pisaure aux remparts de Césène (…)
Voltaire, le Triumvirat, III, 5.
34 La jetée s'étend devant lui, comme l'amorce d'une route inachevée, qui aurait entrepris de traverser la mer.
Pierre Louÿs, Aphrodite, IV, 1.
35 Au dehors, s'étendait la mer légère des colzas sur lesquels le mois de mai mettait sa poussière d'or.
Edmond Jaloux, le Dernier Jour de la création, X.
36 Le verger, le potager, s'étendaient au-delà comme le témoignage du travail le plus agréable au ciel peut-être.
André Suarès, Trois hommes, « Pascal », I, p. 15.
Vieilli. (Sujet n. de personne). || Étendre ses propriétés. || Il désire s'étendre de ce côté.
37 Pourquoi, dit un riche, ne me sera-t-il pas permis d'accroître mon fonds, et pourquoi, payant bien ce que j'acquiers, n'aurai-je pas droit de m'étendre ?
Bourdaloue, Carême, II, Richesses, 14.
(En parlant du temps). Durer, prolonger (se). || La vie humaine ne s'étend guère au delà de cent ans (Académie). || Ce délai ne peut s'étendre au delà de huit jours.
38 L'heure d'un rendez-vous d'ordinaire s'étend,
Et n'est pas resserrée aux bornes d'un instant.
Molière, les Fâcheux, I, 1.
39 (…) et s'étendant depuis les premiers temps jusques aux derniers, leur histoire enferme dans sa durée celle de toutes nos histoires (qu'elle devance de bien longtemps).
Pascal, Pensées, IX, 620.
4 (Choses abstraites). Prendre de l'extension, de l'ampleur. Augmenter, croître; développer (se). || Ses connaissances se sont étendues. || Le mal s'est étendu. Aggraver (s'). || Usage qui s'étend tous les jours. Progresser; → Combat, cit. 10. || Mouvement qui continue à s'étendre (→ Déborder, cit. 15).
40 Il y a, dans tout corps politique, un maximum de force qu'il ne saurait passer, et duquel souvent il s'éloigne à force de s'agrandir. Plus le lien social s'étend, plus il se relâche; et en général un petit État est proportionnellement plus fort qu'un grand.
Rousseau, Du contrat social, II, IX.
41 Si l'épidémie s'étend, la morale s'élargira aussi. Nous reverrons les saturnales milanaises au bord des tombes.
Camus, la Peste, p. 136.
(Personnes). || S'étendre sur un sujet, le développer longuement. || Il s'étend trop là-dessus. Attarder (s').
42 Ma Muse en un sujet si doux
Voudrait s'étendre davantage (…)
La Fontaine, Fables, VII, À Mme de Montespan.
43 Je voudrais pouvoir moi-même t'en dire davantage; mais mon cœur te parle assez, et le temps ne me permet pas de m'étendre plus longuement.
Sainte-Beuve, Correspondance, t. I, p. 26.
(Choses). || S'étendre à, jusqu'à, sur… Aller (jusqu'à), appliquer (s'), couvrir, embrasser. || La compétence de cette juridiction s'étend à ce crime (cit. 18). || Cette dénomination s'est ensuite étendue à l'ensemble. || Sa renommée, sa célébrité s'étend partout, elle est universelle. || La domination romaine s'est étendue sur tout le monde méditerranéen. Exercer (s'), répandre (se); régner.
44 Et sa bonté (de Dieu) s'étend sur toute la nature.
Racine, Athalie, II, 7.
45 (…) une vaste capacité, qui s'étende non seulement aux affaires de dehors (…) mais qui sache aussi se renfermer au dedans, et comme dans les détails de tout un royaume (…)
La Bruyère, les Caractères, X, 35.
46 Cette maxime s'étend, quoique avec moins de sévérité, à tous les autres objets (…)
Diderot, Lettre sur les sourds et muets.
47 (…) elle (cette commandite) ne pouvait évidemment pas s'étendre à l'ensemble des affaires de l'agence.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. V, XII, p. 93 (→ Commandite, cit. 1).
48 (…) un prodigieux calcul, qui s'étend à l'univers.
Camus, l'Homme révolté, p. 362.
——————
étendu, ue p. p. adj.
ÉTYM. (XIIe).
1 Qu'on a étendu ou qui s'est étendu. || Fil étendu, étiré à la filière.Du linge étendu dans la cour.Un aigle aux ailes étendues. Déployé. || Bras étendus vers le ciel (→ Croix, cit. 5). || Jambes étendues sous la table. Allongé. || Un homme, un corps étendu de tout son long. Couché, gisant (→ Agonie, cit. 9; bord, cit. 11; coussin, cit. 1; décevant, cit. 3). || Personne qui passe la majeure partie de son temps étendue. || Il le laissa raide mort, étendu sur la place (→ Coucher, cit. 1).
49 Vos corps seront étendus morts en cette solitude (…)
Bible (Sacy), les Nombres, XIV, 32.
50 Guillot, le vrai Guillot, étendu sur l'herbette (…)
La Fontaine, Fables, III, 3.
51 Étendue à ses pieds, calme et pleine de joie (…)
Baudelaire, les Épaves, III.
52 M. l'abbé Petitjeannin, dans sa soutane flottante, était presque tout le temps là, près de maman étendue sur une chaise longue, et qui se baignait les tempes avec du vinaigre.
Aragon, les Beaux Quartiers, p. 51.
53 Antoine Mesurat dans son fauteuil, les jambes étendues, sommeillant, le journal aux mains (…)
J. Green, Adrienne Mesurat, I, 2.
Fig. Répandu (→ Couvrir, recouvrir).
54 Jusqu'à ce qu'étendue enfin sur la terre et les mers, L'universelle nuit pèse sur l'univers.
Lamartine, Harmonies…, II, 12.
Du vin étendu d'eau. Coupé.
2 Didact. Qui a de l'étendue. || Matière étendue (→ Atome, cit. 3; continu, cit. 1).
55 (…) de cela seul qu'un corps est étendu en longueur, largeur et profondeur, nous avons raison de conclure qu'il est une substance.
Descartes, Principes de la philosophie, II, 15.
56 Henri Bergson cherche ce qu'il peut y avoir de commun entre l'extensif qui est, par définition, étendu, c'est-à-dire mesurable (…)
G. Duhamel, Scènes de la vie future, XIII, p. 194.
3 Qui a une grande étendue. Grand; ample, immense, large, long, spacieux, vaste, volumineux. || Forêt très étendue. || Circuit très étendu (→ Circulation, cit. 3).Vue étendue.
Fig. || La signification la plus étendue. Compréhensif, cit. 4. || L'attribut est plus étendu que le sujet, il s'applique à un plus grand nombre d'êtres, d'objets. || Droit d'une application étendue (→ Asile, cit. 12). || Jouir de pouvoirs étendus. || Vocabulaire étendu. || Connaissances étendues. Vaste. || Esprit étendu. || Ouvrage lu par un public étendu. || Une audience étendue. || Voix étendue, dont le registre est étendu ( Étendue).
57 J'aime surtout à relire ceux (les livres) que j'ai déjà lus nombre de fois, et par là j'acquiers une érudition moins étendue, mais plus solide.
P.-L. Courier, Lettres de France et d'Italie, 10 sept. 1793.
58 (…) il est rare qu'un génie étendu choisisse en lui le meilleur.
Malraux, les Voix du silence, p. 442.
CONTR. Abréger, amoindrir, borner, circonscrire, comprimer, contenir, crisper, diminuer, étouffer, limiter, plier, ployer, raccourcir, rapetisser, restreindre, rétrécir, retrousser. — Borné, bref, court, étroit, fini, inétendu, minuscule, petit, réduit, restreint…
DÉR. Étendage, étendard, étenderie, étendeur, étendoir. — V. Étendue.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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